Une Université Populaire à Saint-Etienne ?

La planète se réchauffe, les guerres ne s’arrêtent jamais, le chômage est en hausse. Il est urgent d’agir et la diffusion du savoir et le partage des connaissances sont les armes les plus efficaces pour l’invention d’un collectif durable.

L’Université Populaire de Saint-Etienne se veut un espace de rencontres et d’échanges autour de passions communes et de savoirs à partager. L’accès à la connaissance est libre et gratuit. L’accumulation de savoir ne donne pas lieu à une validation, elle permet simplement de partager plus, de s’ouvrir à de nouvelles idées, de s’épanouir dans une citoyenneté informée et puissante.

Le format proposé est celui du séminaire avec un nombre de participants restreint engagés sur un cycle complet de 1 à 8 séances selon les intervenants. Le principe, est celui d’un cycle de cours, qui permet d’envisager une progression personnelle. Le cours est dispensé une fois par semaine ou toutes les deux semaines sur une séance de deux heures, par des enseignants bénévoles. La première heure est un exposé. La seconde heure est une discussion, un débat, où chacun pourra apporter ses connaissances, ses convictions.

La diffusion du savoir à Saint-Etienne

La ville de Saint-Etienne est riche en établissement scolaires, universités et grandes écoles qui développent une offre de formation diplômante de haut niveau. La formation continue non diplômante est également bien représentée, notamment à travers l’université pour tous, de l’université Jean Monnet.

Une offre en soirée de séminaires ouverts et gratuits n’existe pas, elle est à créer. De nombreuses universités populaires se sont créées dans toute la France, à la suite de celle de Caen, fondée par Michel Onfray en 2002.

L’association RDD et le réfectoire

À l’origine de cette proposition, l’association Rues du développement durable entend faire revivre le quartier du Crêt de Roc en régénérant les rez-de-chaussée vacants. Le réfectoire est un lieu de croisement de tous les acteurs du développement durable, porteurs de projets ou simples curieux, gastronomes et affamés. Comment faire vivre cet espace ? Comment multiplier les occasions de rencontre et développer une programmation très ouverte pour répondre aux ambitions d’un développement durable ? La proposition de création d’une université populaire à Saint-Etienne naît de ce lieu ouvert, stimulant intellectuellement et humainement.

Le croisement des disciplines et des cultures est souhaitée par beaucoup. L’université populaire au réfectoire est une occasion de créer ces croisements multiples et enrichissants.

À l’origine de ce projet, nous sommes une équipe de jeunes professionnels, habitants de Saint-Etienne et sa région, issus de formations diverses et agissant dans des milieux variés. En mettant nos compétences et nos volontés en commun, nous souhaitons construire une association ouverte à tous.

La création de l’université populaire de Saint-Etienne est liée à l’association Rues du développement durable et à son ancrage dans le quartier du Crêt de Roc. Nous souhaitons que les valeurs et les questions portées par la rencontre du développement durable, de l’économie sociale et solidaire et d’un quartier stéphanois soit à la base du programme de séminaire de la première année de l’université populaire de Saint-Etienne, dès janvier  2016.

Une université populaire

L’idée d’une université populaire est née au Danemark au XIXe siècle de Nikolai Frederik Severin Grundtvig (1783-1872), pasteur luthérien, écrivain et théoricien de la pédagogie. En France, les premières structures d’éducation des adultes des milieux populaires datent du milieu du XIXe siècle. Dans le contexte de l’affaire Dreyfus, face à la déraison que manifestent les idées antisémites et aux passions qui se déchaînent, les universités populaires tentent d’apporter une réponse humaniste. Au même moment, la mise en place de l’instruction publique et gratuite pour tous souligne le manque d’éducation des adultes qui n’ont pas eu cette instruction nouvelle.

La première université populaire française est créée en 1898 à Paris et sera suivie de nombreuses autres qui ouvrent en moins de trois ans (il en existe 124 en 1901), mais cette mode ne dure pas (il n’en reste plus que 20 en 1914). Une université ouvrière est relancée en 1936 pour seulement quelques années.

Aujourd’hui, les universités populaires sont affiliées à deux mouvements aux origines et aux objectifs différents. L’Association des universités populaires de France (AUPF) est issue d’un mouvement de renouveau qui a pris ses racines en Alsace en 1963 avec l’université populaire du Rhin. Il en existe aujourd’hui plus d’une soixantaine. Elles se destinent à l’éducation des adultes. Leurs cours sont payants.1

Plus récemment, le philosophe Michel Onfray crée en 2002 l’université populaire de Caen. Ce n’est pas l’éducation des adultes qui y est visé mais plus un partage de savoir entre citoyens pour construire une démocratie éclairée : « Démocratiser la culture et dispenser gratuitement un savoir au plus grand nombre. La culture y est vécue comme un auxiliaire de la construction de soi, non comme une occasion de signature sociale »2. Les cours sont libres et gratuits.

L’université populaire de Saint-Etienne n’a pas pour ambition d’éduquer mais bien de partager et de construire ensemble une économie humaine durable, dans la lignée des propositions de Michel Onfray.